Campagne
G7 2026 : mettre la réforme de l’architecture financière internationale à l’agenda
À l’occasion de la présidence française du G7 en 2026, j’ai piloté pour Focus 2030 une campagne de recherche et de plaidoyer destinée à remettre la réforme de l’architecture financière internationale au cœur des discussions politiques.
L’objectif était double : rendre accessibles des débats souvent très techniques et porter auprès des décideurs des propositions en faveur d’un système financier international plus juste, permettant aux pays en développement d’accéder à des financements suffisants, abordables et adaptés à leurs priorités.
Construire un plaidoyer fondé sur les données
Pour documenter les avancées et les blocages, j’ai réalisé la troisième édition du rapport « Réforme de l’architecture financière internationale : où en est-on ? », publiée en amont du Sommet du G7 à Évian.
Cette étude indépendante dresse le bilan des engagements pris depuis le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, organisé à Paris en juin 2023, autour de cinq chantiers :
- réformer les institutions financières internationales ;
- mieux utiliser les financements existants ;
- mobiliser de nouvelles ressources ;
- accélérer le traitement de la dette ;
- renforcer la mobilisation des financements privés.
Le rapport met en évidence un constat préoccupant : seul un sixième des engagements examinés a connu des avancées notables depuis 2023.
Surtout, les réformes progressent beaucoup moins vite que le recul de l’aide publique au développement. Alors que les ressources concessionnelles diminuent, les nouvelles règles susceptibles d’accroître l’autonomie financière des pays en développement — représentation plus équitable, accès à des financements abordables, traitement plus rapide de la dette ou nouvelles ressources internationales — tardent à se concrétiser.
Ces résultats ont permis de construire un argumentaire documenté et de porter une demande claire : la réforme ne peut pas rester une succession d’annonces. Elle doit se traduire par des changements mesurables dans la gouvernance, les règles et l’accès aux financements.
Faire dialoguer institutions, recherche et société civile
Afin de faire émerger des constats partagés et de rapprocher les acteurs engagés sur ces sujets, j’ai organisé quatre groupes de travail consacrés à la réforme de l’architecture financière internationale et aux priorités du G7.
Ils ont réuni des représentants du MEAE, de la direction générale du Trésor, de l’OCDE, de l’AFD, de Finance en Commun, du PNUD, de la FAO, de la Banque mondiale, d’I4CE, de l’UNICEF, du Réseau Action Climat, de Coordination SUD, du CCFD-Terre Solidaire, du Finance for Development Lab, d’ODI, de l’IDDRI, de la FERDI, de ONE, d’Action Santé Mondiale, de CARE France, d’Equipop, du W7, du C7, de la Global Solidarity Levies Task Force, du secrétariat du 4P et de l’European Climate Foundation.
Ces échanges ont nourri le rapport, permis d’identifier les principaux points de blocage et contribué à structurer un dialogue entre pouvoirs publics, institutions internationales, chercheurs et société civile.
Porter les messages auprès des décideurs
La campagne reposait également sur un travail régulier de plaidoyer institutionnel. J’ai notamment entretenu des échanges avec la direction générale du Trésor afin de suivre les négociations, partager les résultats de nos travaux et défendre le maintien des enjeux de financement du développement parmi les priorités de la présidence française du G7.
Publié quelques jours avant le Sommet des chefs d’État et de gouvernement d’Évian, le rapport a également été remis en main propre au président de la République, Emmanuel Macron, lors d’une rencontre organisée dans le cadre du G7.
Cette séquence a permis de porter les conclusions de Focus 2030 au plus haut niveau politique et de rappeler l’urgence d’une réforme ambitieuse, à l’heure où 3,4 milliards de personnes vivent dans des pays consacrant davantage de ressources aux intérêts de leur dette qu’à la santé ou à l’éducation.
Occuper l’espace public autour du G7
En parallèle du plaidoyer institutionnel, j’ai développé un ensemble de contenus pour inscrire ces enjeux dans le débat public : articles d’analyse, décryptages, suivi des négociations et des documents officiels, publications sur les réseaux sociaux et dossier spécial consacré à la présidence française du G7.
L’objectif était de rendre le fonctionnement du G7 et de la finance internationale compréhensible au-delà des cercles spécialisés, tout en donnant aux organisations de la société civile des données et des arguments mobilisables dans leurs propres actions de plaidoyer.
clés spécialisésÀ l’issue du Sommet d’Évian, j’ai également analysé les textes adoptés et leur portée. Le bilan révèle un sommet marqué par la recherche du consensus, mais sans engagements nouveaux à la hauteur des besoins en matière de développement, de dette et de solidarité internationale.
Installer un suivi dans la durée
Le rapport a été complété par un tracker interactif recensant les avancées, les stagnations et les reculs observés pour chaque engagement. Actualisé au fil des échéances internationales, cet outil contribue à maintenir la réforme à l’agenda et à renforcer la redevabilité des décideurs.
Cette campagne a ainsi associé recherche, production d’argumentaires, mobilisation d’acteurs, dialogue institutionnel, communication et suivi des engagements, avec une ambition commune : faire de la réforme de l’architecture financière internationale un enjeu politique concret, visible et mesurable.
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