Production
Rapport : Les pays du G7 et les droits humains : état des lieux d’un recul global
À l’occasion de la présidence française du G7 en 2026, PLAID·ACT a publié un rapport comparatif consacré à l’évolution des droits humains dans les sept pays membres du Groupe entre 2020 et 2026.
J’ai piloté la conception et la réalisation de ce rapport de 115 pages : définition de la méthodologie, recherche documentaire, analyse comparative des sept pays et formulation des recommandations. Cette production s’inscrit dans le travail de plaidoyer de PLAID·ACT au sein du W7, groupe d’engagement du G7 consacré aux droits des femmes et à l’égalité de genre.
Évaluer l’exemplarité des pays du G7
Les pays du G7 revendiquent régulièrement un rôle moteur dans la défense de la démocratie, du multilatéralisme et des droits fondamentaux. Pourtant, leur crédibilité internationale dépend aussi de leur capacité à garantir effectivement ces droits sur leur propre territoire et à assurer la cohérence de leurs politiques extérieures.
Le rapport compare les évolutions observées en France, en Allemagne, en Italie, au Japon, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada. Une grille commune permet d’identifier, pour chaque pays et chaque thématique, les progrès notables, les situations stables, les reculs et les reculs significatifs.
L’analyse est structurée autour de dix axes :
- les droits et la santé sexuels et reproductifs ;
- les droits des personnes LGBTQI+, trans, non binaires et intersexes ;
- l’égalité de genre et les violences sexistes et sexuelles ;
- le racisme systémique et les discriminations ethno-raciales ou religieuses ;
- les droits des peuples autochtones et des minorités ;
- les droits des personnes migrantes, réfugiées, demandeuses d’asile et apatrides ;
- les libertés fondamentales, l’État de droit, la justice et l’espace civique ;
- les droits sociaux, économiques, culturels et les droits du travail ;
- la diplomatie des droits humains et l’aide publique au développement ;
- la justice climatique et la protection des défenseur·euses de l’environnement.
Des avancées fragiles face à des reculs structurels
Le rapport montre que les droits humains ne peuvent plus être considérés comme définitivement acquis dans les démocraties du G7. Depuis 2020, des avancées juridiques réelles coexistent avec des reculs politiques, sociaux et institutionnels préoccupants.
La remise en cause des droits sexuels et reproductifs, la multiplication des politiques visant les personnes trans, le durcissement des politiques migratoires, la restriction du droit de manifester ou encore la criminalisation de militant·es écologistes témoignent d’un mouvement plus large de fragilisation des libertés fondamentales.
Ces reculs ne touchent pas toutes les populations de la même manière. Les femmes et les filles, les personnes LGBTQI+, racisées, migrantes, autochtones, handicapées ou précaires ainsi que les défenseur·euses des droits humains et de l’environnement en subissent les conséquences de manière disproportionnée.
L’étude souligne également un écart croissant entre les engagements internationaux affichés par les pays du G7 et leurs politiques nationales ou extérieures. Plusieurs États continuent de se présenter comme des défenseurs de l’ordre international fondé sur les droits tout en réduisant leur aide publique au développement, en restreignant l’espace civique ou en adoptant une lecture sélective des violations des droits humains.
Cinq priorités de plaidoyer
À partir de ce constat, PLAID·ACT propose cinq priorités d’action pour les pays du G7 :
- renforcer l’accès effectif aux droits et à la santé sexuels et reproductifs ;
- prévenir les reculs affectant les droits des personnes LGBTQI+ ;
- préserver la solidarité internationale, l’égalité de genre et la justice climatique dans les budgets publics ;
- garantir des politiques migratoires conformes au droit international ;
- protéger l’espace civique, les défenseur·euses des droits humains et les communautés affectées.
Le rapport recommande également l’adoption d’une Déclaration de pays volontaires sur les droits humains, l’égalité et l’espace civique, annexée au communiqué final du G7. Cette déclaration serait accompagnée d’un mécanisme annuel de suivi associant les institutions nationales des droits humains, les organisations de la société civile et les communautés concernées.
L’objectif serait de faire du G7 un espace de redevabilité politique entre pairs, capable de mesurer les progrès accomplis et d’aligner les engagements internationaux de ses membres sur leurs politiques nationales.
Porter les droits humains dans les discussions du W7 et du G7
Ce rapport a été conçu comme un outil de recherche, mais aussi comme un support de plaidoyer destiné aux organisations de la société civile et aux décideurs publics.
Sa réalisation prolonge la participation de PLAID·ACT au W7 2026, dont l’association est membre. Elle vise à documenter les reculs, à rendre comparables les trajectoires nationales et à replacer les droits humains, l’égalité et l’espace civique au cœur des discussions liées à la présidence française du G7.
Le G7 ne peut prétendre défendre les droits humains à l’échelle internationale sans garantir leur effectivité sur son propre territoire. Sa crédibilité dépend de sa capacité à protéger les populations les plus exposées, à préserver les services essentiels et à placer la dignité humaine au cœur de ses choix budgétaires, climatiques, migratoires et diplomatiques.
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